Intégrer un poste Debian dans un domaine Windows
But de ce document
Ce document me sert de mémo pour intégrer un poste bureautique sous Debian Testing dans un domaine contrôlé par un serveur Windows NT.
Le but de ce document est d’arriver à se connecter sur le poste Debian avec un utilisateur quelconque du domaine. De plus, il est prévu de monter automatiquement les dossiers partagés par les serveurs du domaine en fonction des droits de l’utilisateur qui se connecte.
Pré-requis
Avoir installé une Debian de Base : http://www.coagul.org/article.php3 ?id_article=158
Avoir installé KDE : http://www.coagul.org/article.php3 ?id_article=159
Installation de Winbind
Winbind permet d’intégrer les utilisateurs et les groupes du domaine au poste Linux.
Paquet à installer :
# apt-get install winbind
Si samba n’est pas installé, Winbind demandera son installation. La configuration de Winbind se fait avec le fichier de configuration de samba (smb.conf).
Remarque : Pour ce mémo, Il n’est pas obligatoire d’installer la partie serveur de Samba (le paquet « samba-client » suffit). Si des questions sont posées lors de l’installation des paquets, il faut laisser les réponses par défaut.
Configuration de /etc/nsswitch.conf
Ce fichier permet d’indiquer le programme qui s’occupe de la gestion des utilisateurs :
Il faut simplement ajouter winbind et wins comme indiqué dans l’exemple ci-dessous :
passwd: compat winbind
group: compat winbind
shadow: compat
hosts: files dns wins
networks: files
protocols: db files
services: db files
ethers: db files
rpc: db files
netgroup: nisConfiguration de /etc/samba/smb.conf
Le fichier « smb.conf » est utilisé pour configurer Samba mais également Winbind.
A chaque modification du fichier smb.conf, il faut recharger la configuration de Samba :
# /etc/init.d/samba reload
Si la partie concernant Winbind est modifiée, il faut redémarrer Winbind :
# /etc/init.d/winbind restart
Même si le poste Linux ne propose pas de dossier partagé, il est nécessaire de configurer Samba pour pouvoir joindre le domaine Windows, récupérer les utilisateurs et se connecter avec un utilisateur du domaine.
Voici le début de mon fichier smb.conf :
[global]
workgroup = NomDuDomaine
netbios name = NomDuServeur
security = DOMAIN
# Adresse IP du serveur Wins
wins server = 192.168.0.1 La suite du fichier smb.conf permet de configurer Winbind. Il faut donc redémarrer Winbind à chaque modification de cette partie :
# /etc/init.d/winbind restart
Le premier paramètre permet d’indiquer le caractère à utiliser comme séparateur entre le nom du domaine et le nom de l’utilisateur (J’ai choisi / car c’est le caractère utilisé par Windows) :
winbind separator = /
Les deux paramètres suivants permettent d’indiquer la plage des numéro à utiliser pour les utilisateurs ou les groupes. Ces deux lignes sont obligatoires au bon fonctionnement de Winbind. ATTENTION : Une fois que le poste Linux sera connecté au domaine, il ne faudra surtout pas changer la plage des numéro, car cela peut poser de gros problèmes de connexion.
winbind uid = 10000-20000
winbind gid = 10000-20000Pour pouvoir se connecter sur le poste Linux avec un compte du domaine Windows, il est obligatoire d’indiquer l’adresse du shell à utiliser :
template shell = /bin/bash
La ligne suivante permet d’indiquer le chemin où seront enregistrés les profils des utilisateurs du domaine (%D = Nom du domaine et %U = Login de l’utilisateur). Le dossier et le profil seront créés automatiquement lors de la première connexion.
Attention : Il faut créer manuellement le dossier racine correspondant au nom du domaine (%D). Car s’il est créé automatiquement lors de la connexion du premier utilisateur, les autres utilisateurs ne pourront plus se connecter pour des problèmes de droits sur ce dossier. En cas de problème, il faut regarder les logs dans auth.log
template homedir = /home/%D/%U
La ligne suivante permet d’éviter de saisir le nom du domaine devant le nom de l’utilisateur pour pouvoir se connecter. Sans cette ligne, il faut utiliser le login « NomDuDomaine/NomDuLogin » et avec cette ligne il suffit juste de saisir comme login « NomDuLogin ».
La commande « wbinfo -u » permet de voir l’influence de cette ligne une fois que tout est correctement configuré.
De plus, cette ligne est obligatoire pour arriver à faire fonctionner libpam-mount pour monter automatiquement des partitions avec des utilisateurs du domaine.
winbind use default domain = yes
Voici un exemple complet et fonctionnel de fichier smb.conf :
[global]
workgroup = NomDuDomaine
netbios name = NomDuServeur
security = DOMAIN
wins server = 192.168.0.1
#** Début de la configuration de Winbind ***
winbind separator = /
winbind uid = 10000-20000
winbind gid = 10000-20000
template shell = /bin/bash
winbind use default domain = yes
#** Fin de la configuration de Winbind *****
Remarque : Cet exemple de configuration ne contient aucun dossier partagé, car la partie serveur de Samba n’est pas installée et n’est pas nécessaire.
Ajouter le serveur Samba au contrôleur de domaine Windows
Il faut commencer par arrêter le serveur Samba et éventuellement Winbind :
/etc/init.d/samba stop
/etc/init.d/winbind stopVoici la commande pour ajouter le serveur Samba au gestionnaire de serveurs du contrôleur de domaine Windows (l’utilisateur root, doit avoir l’autorisation d’ajouter des serveurs au domaine) :
net rpc join -U root
Et si tout se passe bien, le message suivant doit apparaître :
Joined domain MonDomaine
Ensuite, il faut redémarrer le serveur Winbind et le serveur Samba :
/etc/init.d/winbind start
/etc/init.d/samba startQuelques commandes pour vérifier que tout fonctionne
Remarque : Avant de saisir les commandes suivantes, il faut vérifier que le serveur Samba est correctement ajouté dans la liste des serveurs du « gestionnaire de serveurs » du contrôleur de domaine Windows. Si ce n’est pas le cas, il faut peut-être attendre quelques minutes pour que la mise à jour se fasse.
La commande suivante doit donner la liste des utilisateurs du domaine :
wbinfo -u
Celle-ci la liste des groupes du domaine :
wbinfo -g
Celle-ci permet de vérifier que les utilisateurs du domaine sont ajoutés à la liste des utilisateurs du serveur Linux avec les bons uid :
getent passwd
La même chose avec les groupes d’utilisateurs :
getent group
Cette commande permet de vérifier qu’un utilisateur particulier est correctement reconnu
wbinfo -a MonDomaine/tony%LeMotDePasse
La commande suivante permet d’afficher les ressources partagées par le serveur Samba « pgdebian » pour l’utilisateur « tony » :
smbclient -L //pgdebian -U tony
Montage des partitions automatiquement en fonction de l’utilisateur
Le paquet « libpam-mount », permet de monter et démonter des partitions automatiquement en fonction du login de l’utilisateur.
Paquet à installer :
apt-get install libpam-mount
Autres paquets à installer pour monter des partitions samba :
apt-get install smbfs smbclient
Le fichier « /etc/security/pam_mount.conf » est le principal fichier de configuration de « libpam-mount ». A la fin de ce fichier, il faut insérer une ligne du type :
volume
Remarque : Si « * » est utilisé pour le paramètre
Voici un exemple pour monter le dossier partagé « Utilisateurs » du serveur « pglinux » sur le point de montage « /Reseau/pglinux » pour tous les utilisateurs (Le signe correspond au répertoire home de l’utilisateur) :
volume * smbfs pglinux Utilisateurs ~/Reseau/pglinux - - -
Voici le même exemple avec des options de montage :
volume * smbfs pglinux Utilisateurs ~/Reseau/pglinux uid=&,gid=&,fmask=0700,dmask=0700,workgroup=VOTREDOMAINE,iocharset=iso8859-1,codepage=cp850 - -
Voici le même exemple valable uniquement pour l’utilisateur tony (Dans ce cas, le signe « & » n’est plus utilisable) :
volume tony smbfs pglinux Utilisateurs ~/Reseau/pglinux uid=tony,gid=tony,fmask=0700,dmask=0700,workgroup=VOTREDOMAINE,iocharset=iso8859-1,codepage=cp850 - -
Débugage : La première ligne de ce fichier permet également d’activer le débugage pour comprendre ce qui ne fonctionne pas :
debug 1
Si vous ne souhaitez pas que les points de montage soient créés automatiquement s’ils n’existent pas, il faut modifier la ligne suivante :
mkmountpoint 0
Pour faire fonctionner « libpam-mount », il faut également configurer « pam » comme indiqué au chapitre suivant.
Configuration de pam
Pam est un système très complet et très modulaire permettant de gérer les connexions et les autorisations sur un poste Linux. Pam permet de gérer les connexions locales ou peux utiliser une base de données LDAP ou encore les utilisateurs d’un domaine Windows.
ATTENTION : Avant de modifier la configuration de pam, il est vivement conseillé d’ouvrir une console sous root (ALT+F1) et de ne pas la fermer tant que tout ne fonctionne pas correctement. Une mauvaise configuration de pam peut empêcher toute connexion même sous root.
Pam se configure à l’aide des différents fichiers du dossier « /etc/pam.d/ ». Chaque application peux avoir sa propre méthode d’authentification et c’est pour cela que nous retrouvons dans ce dossier un fichier pour chaque type de programme nécessitant une authentification (cron, cupsys, kdm, login, su, ssh,...)
Dans le cadre de ce mémo, nous allons modifier uniquement le fichier « kdm », car je souhaite me connecter avec un utilisateur du domaine uniquement avec kdm et pas en ssh ou en console.
Donc, il suffit d’ouvrir le fichier « /etc/pam.d/kdm », de commenter toutes le lignes existantes et d’ajouter les lignes suivantes :
auth required pam_mount.so
auth sufficient pam_winbind.so use_first_pass
auth required pam_unix.so use_first_pass
account sufficient pam_winbind.so
account sufficient pam_unix.so
password required pam_unix.so nullok obscure min=4 max=8 md5
session required pam_unix.so
session optional pam_mkhomedir.so
session optional pam_mount.so
L’explication détaillée du fonctionnement de pam, dépasse très largement le cadre de ce mémo, mais voici quelques explications :
Test de fonctionnement
Pour tester le fonctionnement, il faut se connecter avec kdm avec un utilisateur existant en locale et faire un autre test avec un utilisateur du domaine. Il faut vérifier que les partitions sont correctement montés lors de la connexion et démontés lors de la déconnexion.
Si ça ne fonctionne pas, il faut penser à regarder les logs :
# tail -f /var/log/auth.log
Il faut peut-être aussi redémarrer kdm :
# /etc/init.d/kdm restart
Problèmes rencontrés
Problème de localisation -> Créer .xsession et choisir « Default » dans kdm.
Il ne faut pas utiliser de majuscule pour se connecter avec un utilisateur du domaine.
Autres articles sur le même sujet
Installation de Winbind pour intégrer Samba dans un Domaine Windows :
Monter automatiquement des partitions en fonction du login de connexion avec libpam-mount :
Historique des modifications
| Version | Date | Commentaire |
|---|---|---|
| 0.1 | 13/06/05 | Création par Tony GALMICHE |
| 0.2 | 15/06/05 | Nombreuses modifications suite aux remarques de Piou |
| 0.3 | 02/09/05 | Correction bug de sécurité dans PAM |
| 0.4 | 23/03/07 | smb devient smbfs dans libpam-mount |

Commentaires
> Intégrer un poste Debian dans un domaine Windows
Merci pour les encouragements.
Je vois qu’il y en a qui suivent, car poster un commentaire le 22, pour un article publié le 21, bravo... :-)
Peut-être grâce aux fils RSS ?
> Intégrer un poste Debian dans un domaine Windows
L’article est parfait ! Tout comme le reste du site !
Excellent travail, continuez comme ca !
Et merci pour tout encore.
> Intégrer un poste Debian dans un domaine Windows
J’ai complètement refais la partie configuration de pam, pour rendre le document moins confus.
> Intégrer un poste Debian dans un domaine Windows
Pour pouvoir se connecter avec les utilisateurs du domaine, il est obligatoire d’ajouter le poste Debian au domaine (Ajouter le serveur Samba au contrôleur de domaine Windows)
Concernant le /home, c’est bien :
Je ne pense pas le découper en plusieurs articles, mais je vais essayer de le rendre plus compréhensible.
Merci pour tes remarques.
> Intégrer un poste Debian dans un domaine Windows
Bon, c’est encore moi...
l’ensemble est assez touffu et mériterai peut être d’être "tronçonné" en différents articles
En effet, je ne vois pas pourquoi tu développes dans cet article le chapitre :
Ajouter le serveur Samba au contrôleur de domaine Windows
alors que tu dis un peu avant : ...car la partie serveur de Samba n’est pas installée et n’est pas nécessaire.
cela semble en contradiction et on s’y perd un peu...
Bien sûr, ce n’est pas un "hors sujet" mais cela perturbe le lecteur de l’objectif principal.
autre pb : template homedir = /home/%D/%U
imaginons que tu ais 3 users. A quoi ressemble le /home ?
à ca :
ou à ça :
je pense que ton article est très interressant et mérite un développement plus étalé et plus didactique. Peut-être pas "Samba pour les nuls" mais au moins en 3 leçons avec des exemples.
mais bon, la pédago, c’est un métier à plein temps... ;-)
> Intégrer un poste Debian dans un domaine Windows
Mes critiques ne porteront pas cette fois sur l’aspect technique de l’article car il y a beaucoup de choses à essayer pour le valider.
Le gros problème est plutot d’ordre pédagogique :
Cette méthode est longue et plutot complexe. Si tu l’as mise en oeuvre, c’est certainement qu’elle en vaut le coup, je n’en doute pas. Mais justement : où nous ammene t-elle pour justifier tellement de manips aussi complexes ?